DVF, DPE, cadastre : les 5 bases de données publiques que tout agent immobilier devrait connaître
La France dispose d'un patrimoine de données publiques immobilières parmi les plus riches d'Europe. DVF, DPE, registre des copropriétés, BAN, cadastre — ces bases sont librement accessibles, régulièrement mises à jour, et contiennent des informations que la plupart des agents ignorent ou sous-exploitent.
Ce n'est pas un hasard si les outils de prospection les plus performants du marché sont construits sur ces mêmes bases. Comprendre ce qu'elles contiennent, comment les lire, et ce que vous pouvez en tirer dans votre quotidien, c'est comprendre comment les meilleurs agents prennent de l'avance sur leurs concurrents.
Base 1 — DVF : Demandes de Valeurs Foncières
Le DVF est la base de référence sur les transactions immobilières réelles en France. Elle recense toutes les mutations (ventes de biens immobiliers et terrains) enregistrées par les services fiscaux depuis 2014. Chaque entrée comprend l'adresse exacte du bien, la surface, le type de bien, la date de transaction et le prix de vente.
Ce que ça donne concrètement :
Vous prospectez rue de la Paix à Lyon 6e. En interrogeant le DVF, vous voyez les 12 dernières transactions sur cette rue, avec les prix au m² réels, les surfaces concernées, et les dates. Vous savez immédiatement si le marché est actif, à quel prix les biens se négocient vraiment (pas les prix affichés), et vous pouvez identifier des biens qui se sont vendus sans passer par une annonce publique — signe possible d'un vendeur à contacter directement.
L'usage prospection :une surface très précise dans une annonce (par exemple 87,4 m²) croisée avec le DVF peut faire remonter le bien exact dans les transactions récentes ou à venir. C'est un des critères de triangulation les plus discriminants pour identifier une adresse à partir d'une annonce masquée.
Base 2 — DPE : Diagnostic de Performance Énergétique
Où : observatoire-dpe-audit.ademe.fr
La base nationale des DPE recense tous les diagnostics de performance énergétique réalisés en France depuis 2021. Elle contient, pour chaque bien diagnostiqué : l'adresse, la surface, le type de bien, la date du diagnostic, l'étiquette énergie (A à G), et les émissions de GES.
Ce que ça donne concrètement :
Depuis la loi Climat et Résilience, les biens classés F et G ont des contraintes de mise en location croissantes. Les propriétaires de ces biens — souvent des investisseurs locatifs — se trouvent dans une situation inconfortable : rénovation coûteuse ou vente. C'est un signal de mise en vente potentielle que vous pouvez détecter avant que le bien apparaisse sur les portails.
L'usage prospection :filtrer la base DPE sur votre zone géographique pour identifier les biens classés F et G dont le DPE date de moins de 2 ans — donc potentiellement en vente ou en préparation de vente. Contacter les propriétaires en amont des portails, c'est exactement ce que cherche à faire tout bon mandataire.
L'usage triangulation :quand une annonce mentionne une étiquette DPE précise (ex. "DPE D, 185 kWh/m²/an"), croiser avec la base nationale pour une zone donnée permet de réduire drastiquement le nombre de biens candidats.
Base 3 — Cadastre : la carte de la propriété foncière française
Où : cadastre.gouv.fr et API Carto IGN
Le plan cadastral identifie chaque parcelle de territoire français avec son numéro de section et de parcelle, ses limites géographiques, sa surface et son usage. Il est librement consultable et téléchargeable.
Ce que ça donne concrètement :
La photo d'une annonce montre une terrasse avec une forme caractéristique, ou un jardin avec une configuration particulière. Sur le cadastre, les formes de parcelles sont visibles — et comparables. Un agent aguerri peut parfois identifier le bien uniquement à partir de la forme de la parcelle ou de l'implantation du bâtiment sur la photo satellite croisée avec les données cadastrales.
L'usage prospection :sur une rue identifiée, le cadastre vous donne les numéros de parcelle et donc les propriétaires potentiels (en croisant avec le fichier des propriétaires disponible en mairie ou via des services spécialisés). C'est la base du démarchage direct propriétaire.
Base 4 — API Adresse / BAN : le référentiel des adresses françaises
Où : adresse.data.gouv.fr
La Base Adresse Nationale (BAN) est le référentiel officiel des adresses géolocalisées françaises. Elle recense plus de 25 millions d'adresses avec leurs coordonnées GPS précises. Librement accessible via une API publique, elle est la source qu'utilisent la plupart des services de cartographie en France.
Ce que ça donne concrètement :
Quand un algorithme cherche à géolocaliser un bien à partir de critères partiels (quartier + étage + surface + orientation), il mobilise la BAN pour transformer chaque adresse candidate en coordonnées GPS précises, puis croise avec les données satellites ou photos de rue disponibles.
L'usage pratique :si vous travaillez manuellement, l'API Adresse vous permet de vérifier instantanément qu'une adresse existe bien, de trouver les adresses approchantes d'une rue, et de géocoder vos prospects pour les cartographier dans votre outil CRM.
Base 5 — Registre national des copropriétés
Où : registre.coproprietes.gouv.fr
Créé en 2017, le registre national des copropriétés recense toutes les copropriétés françaises de plus de 10 lots. Pour chaque immeuble, il contient : l'adresse, le nombre de lots, la surface totale, le nom et les coordonnées du syndic, la date de construction, et des données financières sur l'état de la copropriété.
Ce que ça donne concrètement :
Vous repérez une annonce d'appartement dans un immeuble haussmannien de 20 lots, Paris 8e. En interrogeant le registre, vous identifiez le syndic gestionnaire — et parfois, en contactant le syndic, vous pouvez obtenir des informations sur d'autres biens du même immeuble susceptibles d'être mis en vente. Les syndics connaissent souvent les intentions de vente de leurs copropriétaires avant même que l'annonce soit publiée.
L'usage triangulation :le nombre de lots d'une copropriété, mentionné dans le règlement de copropriété ou visible dans certaines annonces, est un critère très discriminant pour identifier un immeuble précis dans une rue donnée.
Ce que ces 5 bases ont en commun — et pourquoi les croiser change tout
Chaque base prise isolément apporte une information partielle. La DVF donne le prix mais pas le DPE. Le cadastre donne la parcelle mais pas les transactions. Le registre des copropriétés donne l'immeuble mais pas les appartements individuels.
C'est le croisement de ces sources — et de 11 autres bases complémentaires — qui permet de remonter jusqu'à une adresse probable à partir d'une annonce volontairement incomplète. Surface + DPE + étage + quartier + orientation des photos : chaque critère supplémentaire divise par deux ou trois le nombre de biens candidats, jusqu'à converger vers une ou deux adresses probables avec un haut niveau de confiance.
C'est exactement le travail que fait l'algorithme de Detectimmo : interroger ces bases en parallèle, en quelques secondes, pour vous restituer les adresses les plus probables avec un score de confiance — sans que vous ayez à ouvrir un seul onglet de recherche manuellement.
🔍 Essayez gratuitement
Si vous souhaitez explorer ces bases par vous-même, les liens ci-dessus sont tous des sources officielles, gratuites et librement accessibles. Pour ceux qui préfèrent déléguer le croisement algorithmique et recevoir directement le résultat, Detectimmo offre 3 recherches gratuites sans carte bancaire.
Créer mon compte gratuit →